Amnistie sociale, licenciements boursiers, imposons le changement !
Publié le 14 Mai 2013

Jeudi 16 mai, à l'assemblée, les députés devront se prononcer sur la loi d'amnistie sociale visant à ce que des militants syndicaux, des salariés injustement condamnés dans le cadre de conflits du travail, puissent être réhabilités dans leurs droits et retrouver ainsi leur dignité. Proposée par les sénateurs communistes, adoptée par le Sénat (majorité gouvernementale comprise évidemment), la loi est aujourd'hui combattue par un gouvernement socialiste au chevet du patronat, ce malade imaginaire qu'il faudrait rassurer chaque fois qu'il toussote. Derrière cette loi d'amnistie se joue aussi la condamnation de la politique sarkosyste dont la brutalité contraint nombre de salariés, de militants syndicats et associatifs à se mobiliser et à agir.
Le président socialiste de l'assemblée nationale, Claude Bartholone, se dit , dans le très libéral magazine "Challenges", plongé dans la "schyzophrénie". Harlem désir souhaite dans le même temps que cette loi ne s'applique pas aux "violences", «Il faut le respect de la loi républicaine pour tous et surtout, le dialogue social et pas la violence dans les conflits sociaux» selon lui.
Une question se pose cependant : de quelle violence parlons-nous et qui l'introduit dans les rapports sociaux ? Quand Sébastien Migliore, militant CGT et élus PCF, jette un œuf qui s'écrase sur le portail d'une préfecture et blesse 9 policiers (sisi vous pouvez vérifier...), il est condamné à 2 mois de prisons avec sursis, 5 ans d’inéligibilité, et 1000 euros d'amende. rappellons qu'il protestait contre la réforme des retraites, ce mouvement qui a réunis plusieurs millions de personnes et que Sarkozy se vantait de rendre invisible. Nier une lutte légitime, nier des millions de citoyens, les mépriser jusqu’à les rendre invisibles, c'est une violence extrême à côté de laquelle le jet d'un oeuf parait bien dérisoire.
D'ailleurs quand Lakshmi Mittal ferme une usine rentable et plonge des centaines d'ouvriers dans le chômage et la précarité, il rentre le soir dormir sur ses milliards. Quand Patrick Balkany, Maire UMP, détourne l'argent public en utilisant trois employés municipaux pour travailler a plein temps à son domicile, il écope de 2 ans d'inéligibilité. Quand la politique managériale d'un grand groupe pousse des dizaines d'employés au suicide, personne ne paie.
La volte face du gouvernement et l'hésitation, voir le renoncement, de certains députés PS en dit long sur la situation actuelle, il y a un choix clair à faire pour l'ensemble de la gauche. Les propos de la député socialiste Marie-Anne Chapdelaine qui explique dans les échos: "On est partagé entre le sentiment qu'il faut un geste d'apaisement envers des salariés qui ont été poussés à bout et celui qu'il ne faut pas non plus tomber dans le laxisme ", sont édifiants.
La Gauche n'a pas vocation à faire des gestes pour apaiser les salariés, elle n'a pas vocation à prendre telle ou telle posture pour raisons électorales ou simplement pour soigner sa bonne conscience. Dans la situation de crise que nous vivons il faut mener des politiques justes au service du plus grand nombre. Des politiques en rupture avec un libéralisme (même social) qui nous enfonce depuis des décennies dans une compétition que nous, le peuple, sommes condamnés à perdre. Pour que ça change il faut créer les conditions du changement, rompre avec l'austérité et la répression. Il faut que la gauche se rassemble autour d'un programme de transformation sociale, il faut en finir avec le capitalisme et ses dogmes, prendre le pouvoir et porter l'humain d'abord.
C'est dans ce sens qu'une loi visant à interdire les licenciements boursiers, notamment aux entreprises qui font des bénéfices et versent des dividendes à leurs actionnaires, sera également proposée le 16 mai. le PCF souhaite donner aux salariés une plus grande protection et d'avantage de moyens pour se défendre et faire prévaloir leur droits face à la dictature de la finance. En votant cette loi les élus de gauche permettront aux salariés et à leurs représentants de peser plus efficacement sur les stratégies patronales.
A l'appel de la CGT, rassemblement devant l'Assemblée nationale en soutien à la proposition de loi sur l'amnistie sociale déposée par le Front de gauche
Jeudi 16 mai 2013 à 12h00
Place Edouard Herriot – devant l'assemblée nationale
Pour prolonger la réflexion :
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http://www.humanite.fr/social-eco/debat-lamnistie-syndicale-un-creuset-de-la-gauche-526313
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