Déchéance de Nationalité : le gouvernement marche dans les pas de l’extrême droite

Publié le 26 Décembre 2015

Déchéance de Nationalité : le gouvernement marche dans les pas de l’extrême droite

Mercredi 23 décembre, à quelques jours de la fin de l’année, comme pour solder son bilan désastreux du point de vue social et économique, le gouvernement annonce par la voix du Premier ministre, Manuel Valls, qu’il : « va proposer au Congrès d'inscrire dans la Constitution, à l'occasion d'une révision, la déchéance de nationalité pour les binationaux, même nés en France, impliqués dans des affaires terroristes. »

Cette revendication de longue date de la droite et de l’extrême droite verrait alors le jour sous un gouvernement socialiste. Cette décision est en rupture totale avec les valeurs de notre république, elle remet en cause le droit du sol et inscrira dans le marbre de la constitution l’existence de différentes catégories de Français. Au besoin de faire corps, de renforcer égalité et fraternité, l’Etat répond par le rejet et l’exclusion. Rien n’exclut que le périmètre d’application de la déchéance de nationalité soit élargis au delà de la participation à des actes terroriste.

Malgré les défaites électorales et la montée inexorable du Front National, rien ne semble empêcher Valls d’accélérer alors que le pays s’enfonce. Ils étaient pourtant nombreux en 2010 parmi les ténors du PS pour s’indigner alors que c’était Sarkozy qui imposait la déchéance de nationalité.

De la bouche du Premier ministre lui-même, cette réforme ne sera pas utile, elle serait un symbole. Alors que Sarkozy n’avait pas réussi à faire accepter cette mesure terrible à sa majorité, c’est le symbole de l’aveuglement du gouvernement. C’est le symbole d’une surenchère sécuritaire inutile et inefficace, d’une politique dictée par l’opinion, d’un pouvoir qui dissimule son manque de courage et ses incapacités derrière un autoritarisme écœurant.

La sécurité des Français est un sujet suffisamment important pour ne pas être instrumentalisé. Des mesures fortes doivent être prises rapidement pour réorienter l’argent vers les ménages, développer l’emploi, augmenter les salaires. Il faut donner de l’air et de l’espoir aux Français. Il faut agir pour la jeunesse, la formation, renforcer la démocratie dans les villes et les entreprises. Il faut l’égalité des droits pour les Français et les immigrés. Il faut du lien social, des services publics et que l’intérêt général redevienne la boussole des politiques publiques

L’heure pour nous est au combat, par milliers il faut faire savoir notre refus de cette dérive qui s’appui sur un racisme et une xénophobie rampante. Par dizaines de milliers nous devons faire comprendre au gouvernement qu’il se trompe de voie, qu’en plaçant ses pas dans ceux du FN et de la droite la plus réactionnaire il fait le jeu de la haine et de la division. Par centaines de milliers nous devons nous rassembler, démontrer qu’aucune couleur de peau, qu’aucune religion, qu’aucune nationalité, ne nous empêchera jamais de construire un avenir commun. Un avenir de paix, de justice et de solidarité.

Rédigé par PCF Saint-Denis

Publié dans #Communiqué

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