David Proult: obtenir les moyens de l'Egalité

Publié le 28 Février 2013

David Proult: obtenir les moyens de l'Egalité

Pour David Proult, maire adjoint à l’enseignement de Saint-Denis, des moyens exceptionnels sont nécessaires pour pallier l’inégalité de traitement dont souffre l’école dans le département.

Pourquoi cette mobilisation ?

(entretien paru dans l'Humanité, le 28/02/13)

David Proult. Notre mobilisation prolonge celle des parents d’élèves qui luttent depuis des mois pour obtenir des moyens. Le 16 février, le conseil municipal a adopté à l’unanimité un Manifeste pour l’éducation. Il a recueilli plus de 2 000 signatures que nous allons remettre (hier – NDLR) au ministre.

Quelle est la situation précise du département ?

David Proult. On n’a jamais connu une rentrée aussi catastrophique que cette année. Sur la ville de Saint-Denis, certains jours, on dénombre près de 1 000 gamins sans maître ou maîtresse ! Surtout, les perspectives pour la rentrée prochaine ne sont pas à la hauteur. Les 150 postes prévus en plus dans le primaire sont une réelle inflexion par rapport aux années précédentes. Mais ils restent insuffisants. Ils ne permettront même pas de mettre en place le « plus de maîtres que de classes » pourtant prôné par le gouvernement dans les quartiers défavorisés...

Que propose votre manifeste ?

David Proult. Nous demandons au gouvernement l’adoption d’un contrat de législature pour faire disparaître en cinq ans les discriminations scolaires dont sont victimes les enfants de Seine-Saint-Denis. Cela passe, déjà, par un plan de rattrapage d’urgence qui doit permettre à l’académie de Créteil de retrouver, dès la rentrée 2013, le niveau national moyen de dotation par élève. Ensuite, l’État doit se fixer l’ambition de rattraper les retards de réussite scolaire en s’interrogeant notamment sur les pratiques pédagogiques qui permettent aux gamins de milieux populaires d’y arriver comme les autres.

La « refondation » est-elle à la hauteur ?

David Proult. Ce projet est dans la réparation de ce qu’a fait la droite. Mais il ne porte pas assez l’ambition de franchir un cap dans la démocratisation de la réussite scolaire. La priorité devrait être d’en finir avec un échec socialement marqué. Il faut considérer que tous les gamins ont les capacités de réussir et que, s’ils n’y parviennent pas, c’est que la société et les adultes ne s’en sont pas suffisamment donné les moyens.

Rédigé par PCF Saint Denis

Publié dans #éducation, #Saint-Denis, #services publics, #école, #David Proult, #Didier Paillard

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