VACCIN, Sanofi et Institut Pasteur, pourquoi ce double échec ?

Publié le 1 Mai 2021

VACCIN, Sanofi et Institut Pasteur, pourquoi ce double échec ?

Censés figurer aux premiers rangs mondiaux dans les vaccins, ces deux groupes sont incapables d’élaborer un vaccin contre le Covid-19. Pourquoi…Nous payons la facture de 30 ans d’abandon de toute politique industrielle et de recherche dans la filière pharmaceutique. Et 30 ans de sacrifices imposés à la recherche publique considérée comme une dépense excessive. Alors que l’Allemagne dépense 3 % de son PIB dans la recherche, la France dépasse tout juste les 2 %.

Malgré ce revers, Sanofi décide de poursuivre les restructurations et de tailler à nouveau dans sa recherche. Le 28 janvier, la Direction de Sanofi Recherche et Développement en France confirme l’annonce de la suppression de 364 emplois en France. Ce plan s’inscrit dans un programme plus large annoncé en juillet 2020. Le groupe entend supprimer 1 700 emplois en Europe dont un millier en France sur trois ans. « Mais ce n’est qu’une partie du projet Pluton, prévient Jean-Louis Perrin, délégué CGT. Sanofi est en train de se désindustrialiser. Toute la pharmacie de synthèse est appelée à disparaître dans le groupe.

Comment le gouvernement peut-il laisser faire ? Sanofi bénéficie depuis dix ans de 150 millions d’euros de Crédit d’Impôt Recherche par an et a obtenu un préfinancement européen de 324 millions d’euros à la suite de la commande de 300 millions de doses par l’Europe. Le gouvernement se contente de réponses a minima de la DG du groupe et continue de ne pas s’opposer aux plans de restructuration.

Sanofi fait le choix comme tous ses concurrents de délocaliser la fabrication des principaux principes actifs. L’Europe a ainsi découvert avec effarement qu’il n’y avait plus une seule usine capable de produire du paracétamol sur le continent. Cela s’enchaîne par l’abandon des anti-infectieux (antibiotiques). À plusieurs reprises, des collectifs de médecins et chercheurs ainsi que l’Observatoire pour la transparence des médicaments, ont alerté, soulignant qu’il est impossible de laisser au privé par ses choix, dicter une politique publique. Tous s’inquiètent de l’extrême vulnérabilité du système de santé français, désormais dépendant des approvisionnements extérieurs.

Les financiers ont investi le monde pharmaceutique et pris le pas sur les chercheurs et les scientifiques. Plus que des groupes industriels, ces Big pharma sont d’abord des groupes financiers, jonglant avec les milliards, les actifs, les brevets. Sanofi a compris : le groupe s’est tourné vers les États-Unis, où il sait trouver l’argent. La rente plutôt que l’innovation. Les groupes français aiment la rente, qu’elle soit autoroutière, dans les télécoms, dans le BTP ou dans l’énergie.

Cette recherche de la rente à court terme conduit à une instabilité stratégique permanente, car tout est vu selon le critère de la rentabilité immédiate. « Il y a eu Transforming 1, Transforming 2.0, Phénix, Pluton... Depuis 2009, tous les deux ans, on a un plan d’économies de deux milliards d’euros », précise Jean- Louis Perrin. Sur la décennie, les effectifs du groupe en France sont passés de 28 900 à 25 000 personnes et le nombre de chercheurs de 6 900 à 4 100.

Les salariés ne laissent pas faire. Le 19 janvier, 20 sites de recherche ou de production étaient concernés par un arrêt de travail, avec une moyenne de 30% des effectifs réels impliqués dans la grève. "Les salariés ont fortement envie d'en découdre. Ils disent +stop au mépris, arrêtez de casser les emplois+, ils en ont assez de travailler sans reconnaissance de leur investissement", a déclaré à l'AFP Jean-Louis Peyren, coordinateur de la CGT…"On veut que la santé revienne au centre des intérêts du groupe ».

 

Rédigé par PCF Saint-Denis

Publié dans #Citoyenne, #Communiqué, #Luttes

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